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Je vous présente ici quelques points de vue « dogmatiques » des principales positions sur le salut des hommes.


Je vais parler de la grâce et je vais continuer à prendre l?exemple de la grâce dans la pensée de la chrétienté (catholique, protestant et évangélique), mais quelques soient vos références, vous allez certainement trouver un parallèle avec les vôtres.



1.      L?Exclusivisme de l?Eglise


Le quatrième concile du Latran (1215) annonce fermement : ?Il y a ainsi une Eglise universelle des fidèles en dehors de laquelle personne ne peut être sauvée.?

C?est la position exclusiviste traditionnelle de l?Eglise Catholique Romaine, pré-Vatican II.


Condition : la condition était d?être baptisé dans l?Eglise catholique pour être sauvé.



2.      L?Exclusivisme de la Bonne Nouvelle


Un deuxième point de vue répandu est : ?Il faut entendre la Bonne Nouvelle et croire en Christ pour être sauvé?.


Position qui affirme qu?un changement majeur a été opéré avec la venue du Christ. La foi salvatrice était auparavant centrée sur la miséricorde de Dieu dans le système sacrificiel des animaux ainsi que dans les prophéties portant sur un salut à venir. Mais à présent, le c?ur de la foi s?est recentré sur un seul Homme, Jésus-Christ. Toute foi salvatrice doit être tournée vers lui.


Condition : avec une foi en Christ de ce côté de la vie pour être sauvé.


A l?intérieur de l?exclusivisme, au niveau des protestants et évangéliques, nous trouvons deux grands mouvements :


L?arminianisme qui reflète la majorité des croyances évangéliques.

Et la doctrine calviniste qui reflète une partie des protestants et des évangéliques, c?est la doctrine de l?élection.

(voir article, mais ne vous pressez pas d'y aller, c'est le prochain)



3.      L?Agnosticisme chrétien (concernant le sort des non-évangélisés)


La position de l?agnosticisme annonce : je ne sais pas. Nous n?avons pas assez de révélation nécessaire pour en juger.

John Stott représente un exemple de la version agnosticisme optimiste :

Le fait est que Dieu n?a pas voulu révéler la manière avec laquelle il considérera ceux qui n?ont pas entendu l?Evangile. Pourtant je suis rempli d?espoir. Je n?ai jamais pu me représenter l?effroyable vision de millions de personnes qui, non seulement meurent, mais meurent éternellement. D?un autre côté?je ne suis et ne peut être universaliste. Entre ces deux extrêmes j?entretiens l?espoir que la majorité des hommes seront sauvés. (1)



4.      L?Universalisme (ou inclusivisme).


Cette opinion affirme : ?Tout le monde sera ultimement sauvé?.

Historiquement connue en tant qu?universalisme, cette position existe sous plusieurs formes dont l?inclusivisme, ayant toutefois la même finalité : chaque être humain que Dieu a créé jouira finalement du même salut éternel que celui dont bénéficient actuellement les chrétiens.

En général, cela sous-tend que tôt ou tard, les personnes reconnaissent Christ, même si c?est après la mort.


Des universalistes tels que John A. T. Robinson soutiennent que la révélation biblique de l?amour de Dieu pour le monde qu?il a créé implique qu?il a le désir de sauver tout un chacun, et qu?il accomplira ce désir.


Peu importe le temps que cela prendra, chaque créature acceptera son appel par une réponse joyeuse d?amour. Je ne peux croire que Dieu veuille que la punition continue éternellement, pas plus que ne le voudrait un parent aimant. L?objectif fondamental de sanctions empreintes d?amour est d?enseigner, et cela ne dure que jusqu?à l?apprentissage de la leçon. Et la leçon est toujours l?amour. (2)


Un autre partisan de cette position est Jan Bonda, qui soutient que Dieu veut sauver tous les hommes et qu?Il accomplira Son dessein. Personne ne souffrira éternellement en enfer, ajoute-t-il. (3)


Condition : Reconnaître Christ tôt ou tard par la révélation de Christ lui-même.



5.      Pluralisme


La position majeure face à cette question est : ?Ceux qui n?ont jamais entendu l?Evangile peuvent expérimenter le ?salut? à leur manière, parce que chacun possède sa propre vision de la réalité.

Alors que l?universalisme enseigne que chaque personne sera sauvée, tout en reconnaissant le caractère unique et final du christianisme, le pluralisme affirme que toutes les grandes religions sont également bonnes réfutant ainsi le caractère unique du christianisme.

Le pluraliste John Hick nous explique :

Les croyances du monde incarnent différentes perceptions et conceptions, et par conséquent, différentes réponses au Réel (l?entité religieuse ultime) provenant des multiples formes de l?humanité. Ces croyances sont considérées comme des voies alternatives à l?intérieur desquels hommes et femmes atteignent l?accomplissement salvateur/libératoire/ultime. (4) 



(1) David L. Edwards et John R. W. Stott, ?Evangelical Essentials: A Liberal-Evangelical Dialogue? (Downers Grove, Ill.: InterVarsity, 1988), p. 327.


(2) Madeleine L'Engle, ?The Irrational Season? (New York: Seabury, 1977), p. 97. Cité dans Packer, Hell Under Fire, p. 179.


(3) Jan Bonda, ?The One Purpose of God: An Answer to the Doctrine of Eternal Punishment?, trans. Reinder Bruinsma (Grand Rapids: Eerdmans, 1993).


(4) (22) John Hick, ?An Interpretation of Religion? (New Haven: Yale University Press, 1989), p. 240. Voir aussi John Hick, ?Pluralism?, in Okholm and Phillips, ?Four Views on Salvation?, pp. 27-91.