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La Grâce est la Faveur imméritée de Dieu.


Voici ce qui est généralement admis au sujet de la grâce.


1.      La grâce seule sauve. L'oeuvre de Dieu est suffisante. Rien besoin d'y ajouter.

Sola gratia. Cette devise qui caractérise la Réforme de Luther signifie que l'homme n'est pas sauvé par ses ?uvres morales ou pieuses.

Pour Luther, le salut n'étant pas dépendant de l'homme, celui-ci doit entrer dans une relation de confiance et même de certitude du caractère offert et gratuit de son salut.

2.      La grâce est pour tous les hommes.

3.      Certains, à la fin, ne seront jamais sauvé.


Pourtant, ces trois propositions dans une seule équation : ce n?est pas possible !

Si la grâce seule sauve, et que la grâce est pour tous, comment se fait-il que tous le monde ne soit pas sauvé !! La grâce ne serait donc pas suffisante.


Les croyants sont donc obligés de sacrifier au moins une proposition pour être logique. Dans quelle case, vous situez-vous ?



1.      L'approche Arminianiste. (Proposition 2 et 3).



La grâce est pour tout le monde (proposition 2) mais certains ne seront pas sauvé. (proposition 3)

Cela oblige à rejeter la première proposition de l?équation.

Jacobus Arminius (10 octobre 1560 - 19 octobre 1609), nom latinisé de Jakob Hermanszoon, est un théologien hollandais de la période de la réforme protestante dont les conceptions sont à la base de l'arminianisme. 

La grâce rend le salut possible, mais la balle est dans notre camp. Ce n?est pas la grâce seule qui sauve, il faut répondre à la grâce. La grâce ne sauve pas en soi.

C'est donc un processus en 2 temps, Dieu fait toujours sa part, mais si l?homme ne répond pas, ne fait pas sa part, le salut n?est pas réalisé.


Bien sûr, nous ne pouvons pas être sauvés sans la grâce. mais nous ne sommes pas sauvés par la grâce seule, mais également par la réponse que l?on donne à la grâce.

La plus grosse difficulté, c?est qu?on ne sait jamais ce qu?il faut ajouter exactement pour que le salut soit assuré. (se faire baptisé enfant ? adulte? répondre à un appel ? se sanctifier ? avoir la foi?). Il devient difficile d?avoir une assurance du salut, car les conditions vont dépendre de la dénomination.

Cela conduit à une insécurité spirituelle, parce qu?on ne sait jamais si on en fait assez.


Le désir de Dieu, c?est que tout le monde soit sauvé.

Dans cette approche Dieu voudrait sauver tout le monde, mais ne le pourrait pas.


Si quelqu?un n?est pas sauvé, c?est de sa faute parce qu?il n?a pas répondu !

Qu'en est-il des personnes qui n?ont jamais entendu le message de grâce ?


Sola gratia, c'est un grand cri de la réforme protestante, mais dans les faits, ce n?est pas la grâce seule.


Résumé : Celui qui est sauvé, c?est celui qui a ajouté à la grâce quelque chose que la grâce ne garantissait pas. Sans cet ajout, la personne est perdue.



2.      L'approche Calviniste. (Proposition 1 et 3).  



La grâce sauve (1), mais certains ne seront jamais sauvé. (3)

La grâce n?est pas pour tout le monde.

Cette approche repose sur le principe de l?élection, certains sont élus avant la fondation du monde pour être sauvé.

La grâce seule sauve, elle ne nécessite de réponse. Elle est même irrésistible. Celui qui doit être sauver, sera sauvé !

Le premier à penser ainsi est Saint Augustin. Calvin, lui, en a fait un système théologique.

La grâce est efficace, cependant, elle est exclusivement pour ceux à qui Dieu a réservé le salut. Dieu a ses raisons.

La mort de Christ est limitée à l?objectif de sauver ces élus. Dieu n?a jamais eu l?intention de sauver tout le monde.


Comment savoir qui est élu ?

Avec une telle doctrine, impossible d'avoir l?assurance du salut. Sur quoi se baser pour être sûr d'être sauver ? (une paix intérieure? Une conviction?)

Des personnes sont élues pour être perdues, pas à cause de leur ?uvre, mais du « bon vouloir » Dieu.

A cela s?ajoute la doctrine de la perdition éternelle. Ils sont nés pour être condamner éternellement à cause de l?élection. 


Résumé : Celui qui est sauvé, c?est celui qui a été choisi par Dieu avant la fondation du monde.



3.      L'approche Inclusive ou universaliste chrétien. (Proposition 1 et 2).


Cette approche affirme que tout le monde est inclus dans le salut.

La grâce est suffisante pour sauver. (1) La grâce est pour tous les hommes. (2)

Tout le monde finira par être sauvé.

Est-ce l'évangile de Polnareff ? On ira tous au paradis ? Pas vraiment !


Si à la fin, tout le monde est sauvé, on pourrait penser qu'il n'y a pas besoin de se convertir, de vivre une vie saine, sainte etc.

L?universalisme chrétien inclus pourtant la nécessité de la croix de Jésus, la conversion, une vie en cohérence, la réalité d?un jugement et d?un enfer.

Comment conjuguer tout cela avec un salut pour tous?

Selon cette doctrine, Dieu a pris une décision pour toi. Dieu désire que tous soient sauvés, et il va arriver au bout de son dessein.


Ce qui est étonnant, c'est cette approche semble celle qui était la plus représentée dans les cinq premiers siècles de l?Eglise.

Oups !!! Cela mérite qu'on regarde de plus près.

A son époque, au dire de Saint Augustin, la majorité chrétiens pensaient ainsi.

Pourtant, lui-même, est un des théologiens qui a appuyé la doctrine des tourments éternels.

Cet universalisme est devenu minoritaire lorsque le christianisme est devenu une religion d?état. Les dogmes devenaient dictés, et il fallait s'y soumettre.

La foi chrétienne est aussi devenue un moyen de pouvoir et de contrôle sur les populations. Des hommes politiques ont pris la tête des conciles religieux.