
La méditation n?est pas qu?une affaire de « zénitude »
mais plutôt de l?ordre du « plus humain » et « plus vivant ».
L?opportunité est ici de (ré)entrer dans sa vie, dans le mouvement de la Vie.
Cette première étape consiste à mettre en place un art de vivre propice à l?équilibre de l?âme.
Comment en effet une personne, qui serait tout le temps distraite, préoccupée, déconcentrée, perturbée intérieurement, pourrait-elle vivre équilibrée ?
Cette sagesse, qui permet alors de s?apaiser et/ou d?entrer en relation avec le divin, consiste à faire reposer sa vie sur quelques bases simples.
La première d?entre elles est d?identifier ce qui pourrait nuire à mon équilibre intérieur, notamment dans mon environnement direct, pour m?en préserver.
Notre vie intérieure est si discrète, qu?elle peut être oubliée facilement, au point, si je ne fais rien, de disparaître progressivement de mon existence. C?est pourquoi une stratégie de « protection notre intériorité », adaptée à chacun, est nécessaire.
1) identifier ce qui peut polluer mon intérieur
2) mettre en place une moindre exposition à ces polluants.
Le monde est celui d?un flux continu d?informations, d?activités, de désirs et de consommation. Les espaces de silence sont réduits comme peau de chagrin.
Mais ne nous y trompons pas, l?ennemi du silence, ce n?est pas seulement le bruit, c?est d?abord la peur du silence.
On se force parfois à parler pour éviter les « blancs ». Mais où est le problème ? Parfois, on n?a rien à dire. C?est un fait, et ce n?est pas un mal.
Le silence est cet état dans lequel nous faisons retour sur nous-mêmes, nous approfondissons notre être ; un état dans lequel nous méditons, rêvons, créons, réfléchissons, pleurons, prions.
Il existe donc des perturbateurs de l?intériorité, des psychiatres parlent de « psychotoxiques ».
Comme leurs homologues endocriniens, les perturbateurs de l?intériorité s?accumulent silencieusement dans nos âmes. Ils accomplissent en nous, lentement mais sûrement, l??uvre délétère de dispersion mentale et désagrégation intérieure.
Qui sont-ils ?
Le bruit, les images, le marketing, la surabondance matérielle, l?hyper valorisation de l?activisme, la dictature de la disponibilité permanente, la dispersion digitale (les appels téléphoniques et SMS incessants, Internet, réseaux sociaux?).
L?urgence a envahi nos vies : il faut réagir « dans l?instant », sans plus avoir le temps de différencier l?essentiel de l?accessoire. D?une certaine façon, même notre temps libre est considéré comme un temps à optimiser.
Nous avons plus de temps libre que nos aïeux et pourtant nous avons le sentiment aigu d?en manquer toujours.
Cherchons le nécessaire, la juste mesure, en s?allégeant du superflu.
Le sens de cette dépollution est de retrouver le goût de nos sens intérieurs ; et de nous soustraire à l?instrumentalisation par le marketing de nos pulsions du corps et du psychisme.
A retenir :
Il existe des perturbateurs de l?intériorité qui polluent nos vies et carencent notre qualité de présence à soi et aux autres. Ils accomplissent en nous, lentement mais sûrement, leur ?uvre de désagrégation intérieure. La sobriété/dépollution est la seule vraie révolution à mener aujourd?hui. Elle aura des effets positifs sur la nature environnementale comme sur la nature humaine.
Article à partir du livre Re(vivez) de l'intérieur de Jean-Guilhem Xerri.