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Se préoccuper de l?autre, c?est une sensibilité plus ou moins développée mais c?est d?abord et avant toute une réalité inscrite dans notre nature humaine.

Ainsi ne pas exercer ce mouvement favorable vers/pour l?autre c?est se mettre en déséquilibre intérieur. L?amour se trouve être la source principale de la vraie vie.


Nicolas Cabasilas : Qu?est-ce qui rend les hommes véritablement vivants, si ce n?est l?amour ?

Basile : « Dans la nature même de l?Homme, se trouve inséré un germe qui contient en lui cette aptitude à aimer. »

Cela signifie que, ne penser qu?à moi, faire des choix guidés par mon seul intérêt, ça dépend de moi, mais c?est aller contre ma nature. Inversement, m?ouvrir favorablement à l?autre, c?est respecter mon écologie intérieure.

Ammonas dans ses « Instructions spirituelles » affirme que « l?amour rend l?âme saine. »

Abba Philémon, est aussi explicite : « l?amour délivre l?âme des maladies intérieures. »


Une règle d'or universelle.


Il existe en effet, une Règle d?or universelle, elle fera l?objet du prochain article.  

Elle se résume en deux attitudes : ne pas faire au prochain ce qu?on ne voudrait pas qu?il nous fasse et lui faire ce qu?on voudrait qu?il nous fasse.

Et elle recouvre un large champ : les nécessités matérielles, les besoins de la vie intérieure, la consolation, le réconfort, l?affliction avec ceux qui peinent, la joie partagée avec ceux qui vont mieux.


Isaac le Syrien : « Voici mon commandement que je te donne : que la miséricorde l?emporte toujours dans ta balance, jusqu?au jour où tu sentiras en toi la miséricorde même que Dieu éprouve envers le monde. »


Nous pouvons également exercer l?hospitalité. L?hospitalité consiste à recevoir dignement, à satisfaire nos hôtes en leur faisant plaisir, parfois en répondant à leurs besoins : en leur offrant un bon repas, une écoute autour d?un café, en leur fournissant un hébergement ponctuel.  Que ce soient nos amis à titre gratuit, un inconnu de « Airbnb » ou une personne en difficulté. L?hospitalité peut aussi se caractériser par le souci de fournir le nécessaire pour qu?ils poursuivent leur chemin sereinement.


Résumé :

Vouloir le bien d?autrui, ou au moins résister à ne pas lui vouloir de mal, participe à son bien, au bien du monde et aussi à mon équilibre intérieur. Ne penser qu?à moi me nuit. Tous les hommes sans distinction, ont la même essence spirituelle.


Recommandation :

Il ne s?agit pas ici d?être béni oui-oui * pour éviter les conflits, par soumission ou par recherche de compensation plus ou moins inconsciente. Il s?agit d?entrer progressivement dans un choix intérieur. L?enjeu est d?assumer la décision de servir plutôt que de se servir, d?aider plutôt que d?utiliser, de soutenir plutôt que de passer devant, tout en faisant preuve de discernement. Au crépuscule de nos vies, ce qui restera, ce sera nos amours, nos amitiés, nos pardons, bref ce que nous aurons vécu, comme nous l?aurons pu, dans ce registre du bien fait autour de soi. Alors n?attendez pas. Vivez votre nature profonde : soyez utiles et pacifiques. Rendez service, sans vous lasser !


Et l?info culture du jour : Le terme « béni oui-oui ». Le mot dérive du terme arabe « Beni » qui veut dire « Fils de » associé à l'adverbe « oui ». Il signifie péjorativement « Les hommes qui disent oui », une personne qui donne toujours systématiquement son approbation.